Fossile d'abeille (Apis sp)

Comment les insectes ont conquis la Terre

Des mouches en Antarctique aux scarabées de nos jardins, les insectes sont présents partout sur la planète. Ils doivent ce succès à une très longue histoire évolutive, remontant à plus de 400 millions d'années.

Les arthropodes, précurseurs des insectes

Les insectes sont issus d'un ensemble (embranchement) d'animaux très anciens, les arthropodes. Ce sont eux qui ont inventé de nombreux traits caractérisant les insectes.

Il y a bien, bien longtemps...

La planète Terre s'est formée il y a 4,5 milliards d'années. Si la vie est apparue rapidement (probablement il y a 3,8 millions d'années), elle s'est longtemps exprimée sous forme d'organismes constitués d'une seule cellule . Les premiers animaux multicellulaires furent sans doute des éponges , fixées au fond des océans, il y a 900 millions d'années. Il y a 550 millions d'années apparurent les arthropodes , les ancêtres des insectes .

Les arthropodes inventent carapace et pattes articulées

Le corps des arthropodes est enveloppé dans une carapace, un exosquelette plus ou moins souple, doté d 'articulations . Mais surtout, pour la première fois au cours de l'évolution, il est doté de pattes  !

Les trilobites voient grand

Les collectionneurs les adorent. Ces arthropodes de quelques centimètres de long, qui ont vécu au fond des océans entre -550 et -250 millions d'années, font de superbes fossiles . Les trilobites ressemblent à des cloportes actuels. On en connaît près de 20 000 espèces différentes ! Dotés, pour la première fois, d'yeux composés de multiples facettes.

Qu'est-ce qu'un arthropode ?

À la conquête des continents

Il y a 450 millions d'années, des mille-pattes (myriapodes, un sous-embranchement des arthropodes, cousin des insectes), commencent à sortir de l'eau. Ce sont probablement les premiers animaux à s’installer définitivement sur les continents. Les végétaux, dont ils se nourrissent, les avaient précédés.

Et les insectes furent...

Leurs premiers fossiles connus datent de 425 millions d'années , soit après les poissons (-530 millions d'années), mais bien avant les dinosaures (-230 millions d'années) ou les mammifères (-210 millions d'années). Ils ont hérité de leurs ancêtres arthropodes l'exosquelette, les membres articulés, les yeux composés. Avec leurs cousins les myriapodes, les insectes vont massivement investir les terres émergées .

Trilobite fossilisé

Trilobite Chotecops fernandini. Les trilobites sont des arthropodes marins disparus il y a 250 millions d’années.

L'insecte, un corps de conquérant

Les insectes sont des arthropodes à la silhouette particulière. Leur corps est divisé en trois parties ou « tagmes » : la tête, le thorax avec trois paires de pattes et un abdomen. Une silhouette reconnaissable entre mille.

Une tête pour voir, sentir, manger...

Sur la tête des insectes, on trouve des pièces buccales adaptées à leur régime alimentaire : des mandibules pour broyer (chez les scarabées ou les criquets), des canaux salivaires chez les insectes suceurs (comme les abeilles), une langue comme chez les papillons. Ils possèdent également des yeux composés de plusieurs centaines de facettes, chacun fonctionnant comme un œil simple, ce qui leur donne une vision très large .

La conquête de l'air

Les premiers insectes ne portaient pas d'ailes. Mais il y a 320 millions d'années, certains se dotent de trois paires d'ailes, une par segment du thorax . Certains en ont perdu par la suite. Aujourd’hui, la plupart des insectes en possède deux paires . Chez les diptères (mouches, moustiques), une seule paire est restée fonctionnelle.

L'abdomen respire

L'abdomen, dernier tagme du corps de l'insecte, renferme les viscères . C'est aussi là que se trouvent les organes reproducteurs . L'abdomen est percé de trachées pour la respiration à l'air libre  : des canaux dans lesquels circule l'air ambiant, au gré des contractions qui agitent cette partie du corps.

La métamorphose

Très rapidement, dès -350 millions d'années, au Carbonifère supérieur, les insectes expérimentent des mues : ils passent d'un état de larve à une forme adulte, parfois par l'intermédiaire d'une chrysalide. À chaque fois, ils doivent changer d'exosquelette  devenu trop petit : c'est la mue .

Qu'est-ce qu'un insecte ?

Un succès fou

Au cours de leur évolution, les insectes ont colonisé de nombreux écosystèmes. On les trouve sous presque tous les climats, sur terre, dans les étendues d'eau douce et même en mer avec certaines punaises aquatiques ! Aujourd'hui, 1,3 million d'espèces d'insectes ont été décrites , ce qui représente les deux tiers des organismes vivants connus .

Libellule géante fossilisée sur fond blanc

Libellule géante - Muséum national d’Histoire naturelle

Les fossiles racontent l'évolution des insectes

Les insectes sont très présents dans les gisements fossiles du monde entier. Une mine d'or pour les entomologistes qui les étudient.

Qui fut le premier ?

On n'a pas trouvé de trace fossile du premier insecte ayant vécu sur la planète. Mais en reconstituant l'évolution génétique des espèces actuelles, on estime que l'ancêtre commun de toutes les espèces actuelles est apparu au Silurien (il y a 425 millions d’années), une époque où le règne animal était dominé par les poissons.

Prisonnier dans l'ambre

Les conifères et certaines plantes à fleurs sécrètent de la résine. Visqueuse, elle emprisonne parfois des insectes. Si l'événement a eu lieu il y a des millions d'années et que la résine a fossilisé, elle devient de l'ambre . Ses inclusions (insectes, morceaux animaux ou végétaux) constituent une véritable fenêtre ouverte sur le passé.

Strudiella devonica est un fossile de 1 cm de long environ. La tête est en haut et porte de robustes antennes.

Le plus ancien fossile complet. Il ressemble à une sauterelle primitive, avec de longues antennes, une grosse tête et des mandibules puissantes. Ce fossile d'à peine 1 cm date du Dévonien supérieur (-365  millions d'années). Découvert dans le gisement belge de Strud, il a été baptisé Strudiella .

apparition des insectes

Habitus d'une larve de Culicidae - Ambre de l'Oise (-53 millions d'années)

« Les premiers insectes étaient avant tout des mangeurs de plantes, ils se nourrissaient de lichens, de mousses, de débris organiques. »

André Nel, entomologiste et professeur au Muséum national d’Histoire naturelle

Les insectes dans l'histoire de la vie

Il y a 4,6 milliards d’années, la Terre achève sa formation. Débute alors la première ère géologique : l'Hadéen. Le noyau de notre planète se forme et la lune apparait, probablement à la suite d'un impact entre la Terre et une proto-planète nommée Théia .

La croûte terrestre commence sa formation, et la température à la surface de la planète baisse progressivement. Il y a 4 milliards d’années, à la fin de l'Hadéen, les conditions nécessaires à l'émergence de la vie sur Terre seront réunies.

Il y a 4 à 2,5 milliards d'années, la croûte terrestre continue de se former sous l’action d'un volcanisme intense. Plus tard, dans les océans très chauds, les premières bactéries et algues apparaissent . Leur photosynthèse produit alors du dioxygène , déchet toxique auquel le reste du vivant s'adaptera par la suite.

Certaines colonies de cyanobactéries sont organisées en tapis microbiens qui forment de grandes structure minérales appelées stromatolites . Ces structures sont les plus anciennes traces de vie connues.

Sur la frise : un stromatolite et une colonie d'algues , productrices d' oxygène .

Protérozoïque

Au protérozoïque, du grec signifiant « avant l'animal », l'atmosphère se charge de l'oxygène produit dans les océans. A la suite d'un brusque refroidissement, les algues se diversifient sur les fonds marins et les animaux pluricellulaires apparaissent, tels que les méduses et des petits animaux munis de coquilles.

Sur la frise : un Dickinsonia (animal à corps mou) un Cloudinidae (animal à coquille) et une méduse .

Paléozoïque

Au paléozoïque, les animaux abondent, dont les vertébrés qui se diversifient rapidement. L’apparition d’organismes pourvus de squelettes minéralisés internes ou externes a facilité leur fossilisation et donc la préservation de ces spécimens jusqu’à nos jours.

Au Cambrien, la formidable diversification de la vie démarrée au Protérozoïque se poursuit et s’accélère avec le développement de structures minéralisées, telles que les squelettes externes des arthropodes . Les fonds marins se peuplent d’animaux aux formes souvent très différentes des faunes actuelles. De nombreux groupes d’arthropodes, de vers, d’éponges ou de mollusques apparaissent.

Sur la frise : un Anomalocaris (arthropode) un trilobite (arthropode) et un Pirania (éponge tubulaire).

À l'Ordovicien, la vie animale se propage hors des fonds marins et gagne la colonne d'eau. Des vertébrés et des céphalopodes nagent en eaux libres alors que les brachiopodes et trilobites sont très fréquents sur les fonds marins. Les premières plantes terrestres colonisent les milieux humides continentaux. A la fin de l'Ordovicien, un refroidissement du climat entraîne la première des cinq grandes crises de la biodiversité.

Sur la frise : un Sacabambaspis (vertébré), un orthocône (céphalopode) et un brachiopode .

La Terre connaît une première grande crise à la fin de l’Ordovicien, alors que la vie est exclusivement marine. Cette crise serait due à un intense épisode de glaciation et aurait provoqué la disparition de 60 à 70% des espèces.

Au Silurien, les arthropodes et les vertébrés poursuivent leur diversification dans les océans. Dans les milieux humides continentaux, les plantes terrestres continuent de se diversifier avec l'apparition des plantes vasculaires (qui possèdent des tiges et de la sève). Elles sont accompagnées de certains arthropodes tels que les myriapodes et les arachnides.

Sur la frise : un euryptéride (ou scorpion de mer), un mille-pattes et l'une des premières plantes vasculaires, Cooksonia .

Au Dévonien, les vertébrés marins sont très diversifiés, en particulier par la présence de nombreux « poissons » cuirassés appelés placodermes . Les tétrapodes apparaissent, ce sont les premiers vertébrés munis de pattes et de doigts mais ils sont encore inféodés aux milieux aquatiques. La végétation du début du Dévonien ne mesure que quelques dizaines de centimètres de haut : elle fait peu à peu place à des forêts d' Archeopteris mesurant jusque 30 mètres.

Sur la frise : un placoderme (prédateur marin), un Calamophyton (arbre) et un Ichtyostega (tétrapode).

D’importantes variations climatiques et la chute de l’oxygénation des mers entraînent, à la fin du Dévonien, une crise qui provoque l'extinction du Dévonien et la disparition de 75% des espèces.

Carbonifère

Au Carbonifère, de riches écosystèmes forestiers se développent dans les zones humides . Les arbres et insectes volants se diversifient et se spécialisent, alors que débute l'essor des tétrapodes sur le milieu terrestre. C'est à cette période que, de la collision entre deux grands continents, nait le supercontinent de la Pangée.

Sur la frise : un paléodictyoptère (insecte volant), une fougère arborescente et un Hylonomus (reptile).

À partir du Permien, à la suite suite d'une aridification du climat, la flore change considérablement. Les plantes à graines deviennent dominantes. Les nouvelles chaînes de montagnes subissent une forte érosion. Les amniotes (vertébrés à quatre pattes pondant des œufs) se diversifient sur la terre ferme. Dans les océans, le sommet de la chaîne alimentaire est dominé par des groupes proches des requins actuels.

Sur la frise : un dimétrodon (amniote), un rameau du conifère Walchia et un hélicoprion (proche des requins)

A la fin du Permien a lieu la crise du Permien-Trias. C'est la plus grande qu’ait jamais connue la Terre. Elle provoque la disparition de plus de 90% des espèces, terrestres comme marines. Cette crise sans précédent aurait été essentiellement causée par deux épisodes volcaniques majeurs.

Cette période de grande diversification de la biodiversité, comprise entre deux extinctions massives, dure près de 200 millions d’années. Elle se caractérise par l’émergence des dinosaures , des reptiles volants et des reptiles marins, ainsi que des mammifères et des plantes à fleurs.

Au Trias a lieu une forte diversification des reptiles : crocodiles, tortues ou encore dinosaures apparaissent sur le supercontinent de la Pangée, accompagnés des premiers mammifères. Des reptiles retournent à la vie marine. Les ptérosaures sont les nouveaux grands prédateurs volants. Les groupes dominants d’insectes sont les coléoptères, les diptères et les hyménoptères. Les conifères deviennent les arbres les plus abondants.

Sur la frise : un M organucodon (mammifère), un ichthyosaure (reptile marin) et un ptérosaure (reptile volant).

La crise du Trias-Jurassique s'étend sur près de 17 millions d'années, un record en comparaison aux autres crises qui s’étendent sur des périodes durant de 1 à 2 millions d’années. Elle conduit à la disparition de 70 à 80 % des espèces à la suite du volcanisme atlantique.

Au Jurassique, la Pangée n'existe plus, morcelée par les océans Atlantique et Téthys où règnent les reptiles marins. Les dinosaures se diversifient, avec le développement du gigantisme mais aussi l'apparition des premiers oiseaux. Les insectes connaissent également une forte diversification. Côté forêts, les plantes à graines prospèrent mais les fougères restent très présentes dans certains milieux.

Sur la frise : un archéoptéryx (proche des futurs oiseaux), un crabe et un sauropode .

C'est au Crétacé qu'ont vécu de célèbres dinosaures comme le tyrannosaure ou le tricératops. Les ammonites et reptiles marins sont fréquents dans les océans tandis que les espèces d'oiseaux se diversifient. Les premières plantes à fleurs apparaissent, événement majeur de la formation des écosystèmes à venir. Elles sont accompagnées des premiers pollinisateurs.

Sur la frise : une ammonite , une abeille sur une fleur , un tyrannosaure .

La dernière grande crise du Crétacé-Paléogène est sans doute la plus connue, car elle correspond à l’extinction d’un des groupes d’animaux fossiles les plus célèbres, les dinosaures (à l'exception des oiseaux). Elle concorde avec un épisode volcanique majeur au Dekkan (Inde), auquel s’ajoute la chute d’un astéroïde dans la péninsule du Yucatan (Mexique). Ces deux événements ont impacté toute la planète.

Débutant il y a 66 millions d’années, le Cénozoïque se poursuit aujourd'hui. Connu comme « l'ère des mammifères » du fait de la rapide évolution de ces derniers vers de grandes tailles, c'est aussi une période de grandes diversifications parmi les oiseaux, les plantes à fleurs ou encore les « poissons à arêtes ».

Le Paléogène se situe après la disparition des dinosaures non-aviens, des ammonites et de nombreux autres groupes d’espèces. Dans les milieux qu’ils laissent vacants, les mammifères et les oiseaux connaissent une forte diversification, alors que les actinoptérygiens (ou «  poissons à nageoires rayonnées  ») deviennent abondants dans les océans et en eaux douces. Les plantes à fleurs, notamment les arbres feuillus, poursuivent leur développement et deviennent la flore la plus diversifiée.

Sur la frise : un palmier , un baluchitère (grand mammifère) et un actinoptérygien .

Au Néogène, le courant de Drake se met en place autour de l’Antarctique et la planète se refroidit progressivement pour s’approcher du climat actuel. Vers la fin du Néogène, l’isthme de Panama relie les Amériques du Nord et du Sud et forme une séparation entre Atlantique et Pacifique. Sur la terre ferme, les prairies de graminées deviennent fréquentes et la faune s’adapte à de nouveaux écosystèmes proches de ceux que l’on connait aujourd’hui.

Sur la frise : une graminée , une antilope (ruminant) et un Livyathan (odontocène ou «  cétacé à dents  »).

Quaternaire

Le Quaternaire est la période géologique actuelle, commençant il y a 2,58 millions d'années. Plusieurs épisodes de glaciation et/ou l’émergence du genre humain amènent à l’extinction de la majorité des espèces de grands mammifères, tels que les paresseux géants ou les mammouths . Plus récemment, en un temps bien plus court que lors des autres périodes géologiques, les activités humaines impactent tous les écosystèmes et provoquent une augmentation globale de la température.

Sur la frise : un fuchsia , un humain et une méduse .

Les grandes étapes de l'évolution des insectes

Les fossiles décrivent l'apparition rapide des grandes familles d'insectes, qui ont survécu à toutes les crises.

Le Carbonifère, début de l'âge d'or

La biodiversité animale de la Terre est dominée par les insectes depuis la fin du Carbonifère (-320 millions d’années). Ils grouillent dans les forêts humides. On y trouve notamment quantité de criquets et sauterelles .

Le Permien, période de diversification

Au Permien (entre -300 et -250 millions d'années), le climat terrestre se réchauffe et s'assèche. Ces changements de climat et de végétation favorisent la diversification des insectes, et les faunes modernes pointent.

Les géants disparus

Aujourd'hui, le plus gros insecte ne mesure pas plus de 16 cm. Mais on a découvert des traces d' insectes géants , comme des libellules de 70 cm d'envergure ( Meganeura ) ayant vécu il y a 350 millions d'années. À l'époque, aucun vertébré ailé ne les menaçait. Et l'air était plus riche en oxygène, ce qui a stimulé leur croissance. Ils ont disparu pendant la grande extinction du Permien-Trias, il y a 252 millions d'années.

L'apparition des grandes familles d'insectes

Les grands ordres d'insectes actuels sont apparus très tôt. Les coléoptères (scarabées, carabes, hannetons, ...) il y a 300 millions d'années, les hyménoptères (abeilles, guêpes, ...), les diptères (mouches, moustiques) il y a 250 millions d'années, et les lépidoptères (papillons) il y a 150 millions d'années.

« Il y a 100 millions d'années, toutes les familles modernes des insectes étaient apparues. Ce fut le cas bien plus tard chez les vertébrés. »

Fossile de Protodiamphipnoa gaudryi

Protodiamphipnoa gaudryi (Brongniart, 1885), Commentry (France), Carbonifère supérieur

Les insectes, co-architectes des écosystèmes terrestres

En interaction continuelle avec le paysage et les autres espèces vivantes, les insectes ont joué un rôle essentiel dans l'apparition des écosystèmes actuels.

Indispensables pollinisateurs

Les plantes à fleurs (angiospermes) sont apparues il y a 140 millions d'années. Les insectes ont dès le début joué un grand rôle dans le transport du pollen d'une fleur à l'autre , assurant ainsi leur fécondation . Une relation gagnant-gagnant qui explique le succès des angiospermes et de leurs pollinisateurs , notamment des papillons et des abeilles . Au sol, d’autres insectes comme les fourmis transportent et enterrent des graines, favorisant la dissémination des plantes.

Équipés pour communiquer

Un fossile du groupe des Titanoptères, découvert dans le Pas-de-Calais, révèle qu'il y a 310 millions d’années, des insectes communiquaient déjà entre eux . Ses ailes présentent en effet des zones semblables à celles qui produisent les crépitements des criquets . En plus, ces zones réfléchissent la lumière dans des directions privilégiées , produisant des flashs comme le fait le papillon Morpho actuel dans une sorte de langage morse lumineux.

Relations sociales ou de prédation, les insectes interagissent

Il y a 15 millions d'années, fourmis et termites établissaient déjà des relations fortes . Un morceau d'ambre découvert au Mexique a emprisonné plusieurs individus des deux groupes , dont une fourmi du genre Neivamyrmex (fourmi légionnaire) tenant entre ses mandibules un termite Nasutitermes . Cette situation ressemble fort aux raids que les fourmis mènent aujourd'hui contre des nids de termites.

Insectes hématophages : se nourrir sur l’autre

Les sédiments de Mongolie Intérieure et du Liaoning ont imprimé les formes de puces géantes (d'environ 2 cm) enfermées là il y a 165 millions d'années. Comme les puces modernes, elles sont dotées d'un organe piqueur qui transperce la peau de leurs hôtes et s'accroche à leurs plumes ou leurs poils. Elles infectaient probablement les dinosaures à plumes.

apparition des insectes

Frise chronologique - Tiré de l'exposition IRD « Les insectes au secours de la planète »

Aller plus loin

La collection d’insectes fossiles du Muséum  

Dossier rédigé en octobre 2022. Remerciements à André Nel, paléoentomologiste et professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.

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Préoccupés par le changement climatique et d'autres enjeux environnementaux, Grunewald et Gilbertas ont uni leurs forces pour rendre hommage à notre fascinante Bille bleue. « Il a fallu 4,5 milliards d'années pour forger cette planète luxuriante, généreuse et chaleureuse, » déclare Grunewald. « Qu'allons-nous faire à présent ? Continuer d'aggraver la crise écologique ou enfin se décider à tout faire pour éviter le pire ? »

Le projet Origines met en lumière la grandeur et la beauté de la nature indomptée. Les volcans déversent des flots de lave incandescente. Les aurores vacillent tels des fantômes dans la nuit polaire. L'érosion sculpte les montagnes. Des formes de vie balbutiantes luttent pour trouver leur chemin. La végétation prolifère à travers la planète et les animaux se diversifient d'un habitat à l'autre. « Tantôt déchaînée, tantôt sereine, toujours mouvante et éloquente, la nature est une source intarissable d'inspiration, » déclare Gilertas.

Ces images, une fraction de celles capturées par Grunewald, sont classées selon quatre catégories. La première est le Chaos, des clichés reflétant les origines turbulentes de notre monde. La seconde, Terre, regroupe les paysages façonnés par les forces érosives. Oasis, la troisième, représente la prolifération des plantes, leur acharnement à émerger dans les environnements les plus improbables. Enfin, la catégorie Bestiaire célèbre la biodiversité du royaume animal dans toute sa splendeur.

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Tout commence il y a 4,5 milliards d'années, comme le pensent la plupart des scientifiques, lorsqu'une supernova aurait provoqué l'effondrement de la nébuleuse solaire, un nuage tourbillonnant de gaz et de poussière, donnant naissance à notre système solaire.

Huit planètes et de nombreux autres corps célestes se sont mis en orbite autour de notre gigantesque étoile, le Soleil. Parmi ces astres, seules Mars, Vénus et la Terre évoluaient dans la zone habitable, la région autour du Soleil dans laquelle l'eau peut exister sous forme liquide à la surface d'une planète. Mais à notre connaissance, seule la Terre a vu la vie triompher au terme d'une évolution longue, complexe et aléatoire.

Au départ, notre planète était une masse incandescente, ses éléments à la merci des forces gravitationnelles. Les plus lourds se sont enfoncés dans le centre de la Terre pour former un noyau métallique. Puis, un long processus de refroidissement a produit deux éléments essentiels à la vie : la croûte terrestre et la première pluie, les retombées de la vapeur d'eau condensée. Alors que les astéroïdes et les météorites bombardaient la planète, les volcans en éruption perpétuelle et les séismes à répétition libéraient de vastes volumes de magma et de gaz.

Un jour, différentes plaques tectoniques se sont formées, leurs mouvements et leur friction ont forcé une partie de la roche à regagner l'intérieur de la planète. Des volcans ont germé aux frontières de ces plaques tectoniques, offrant un exutoire à la chaleur émanant des entrailles de la Terre. Par chance pour notre espèce, ces entrailles produisent encore de la chaleur grâce à la décomposition radioactive de l'uranium et d'autres éléments hérités de la formation de notre planète. Avec l'aide du Soleil, ce processus permet de maintenir la planète à une température confortable pour la vie.

Ces mécanismes internes ont également enveloppé la Terre dans un bouclier magnétique à l'épreuve des rayonnements cosmiques. Sans cette protection, le vent solaire écorcherait l'atmosphère terrestre en laissant derrière lui une surface aride et inhospitalière. Cet équilibre fragile rend d'autant plus spectaculaire l'émergence de la vie encerclée par le chaos de la Terre primitive.

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Il y a cinq millions d'années environ, le fleuve Colorado a sculpté cet escarpement de gré, le bien nommé Horseshoe Bend (en français, la boucle du fer à cheval), près de l'actuelle ville de Page, en Arizona.

« La terre est le grand point commun de nos vies, l'origine et le destin de toute chose, » écrivait le philosophe et agriculteur américain Wendell Berry. La terre que nous foulons est façonnée depuis la nuit des temps par les forces de la nature.

Dans cette mise en scène cosmique, les météorites, les volcans et les séismes unissent leurs forces au vent, à l'eau et à la gravité pour transformer la croûte terrestre, savant mélange d'éléments comme l'oxygène, le silicium, l'aluminium, le fer, le calcium, le sodium, le potassium ou encore le magnésium.

Le résultat ? Un ensemble a priori inépuisable de reliefs à la diversité incroyable : montagnes vertigineuses, plaines et plateaux à perte de vue, cratères, ravins, fjords, fosses abyssales, dunes et falaises. Milliard d'années après milliard d'années, la roche et les minéraux issus des éléments primitifs ont été sculptés par les éléments. Des molécules organiques ont fini par enrichir les lits ancestraux de sédiments en jouant un rôle majeur dans l'émergence d'une force nouvelle et prodigieuse : la vie.

La géologie retrace l'histoire de la Terre à travers sa structure et sa composition. Alors que de nombreux secrets rocheux ont été balayés de la surface de la Terre, d'autres formations majestueuses ont survécu pour nous raconter ici et là l'histoire d'une ère géologique toute entière : le Grand Canyon en Arizona, Capitol Reef dans l'Utah, Uluru en Australie et la forêt de pierre à Madagascar, parmi tant d'autres. Chacun de ces lieux nous entraîne dans un voyage introspectif où se dévoilent sans retenue les merveilles de notre planète.

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En Namibie, ces arbres sont très appréciés du peuple San, qui utilise leurs branches pour confectionner des carquois. Menacés par la hausse des températures, ces arbres à carquois ont une large canopée qui offre un lieu de nidification idéal aux colonies de tisserins.

Les premières formes de vie sont apparues sur Terre il y a 3,5 milliards d'années environ, quelques centaines de millions d'années après la naissance de la planète. Nous ne sommes toujours pas en mesure d'expliquer cette genèse, mais à en croire certaines études, les molécules organiques nécessaires à la vie auraient vu le jour dans les cheminées hydrothermales des profondeurs océaniques. Quoi qu'il en soit, peu de temps après leur apparition, ces premiers organismes allaient déverser un indomptable torrent de vie à travers la planète.

Les bactéries photosynthétiques, ou cyanobactéries, ont joué un rôle essentiel dans cette propagation en tant que premiers microorganismes à maîtriser la photosynthèse en consommant l'énergie du soleil pour libérer de l'oxygène.

Grâce aux cyanobactéries, l'atmosphère primitive principalement composée de nitrogène, d'hydrogène et de dioxyde de carbone s'est transformée en un environnement riche en oxygène. L'oxygène a réagi avec la lumière du Soleil pour former la couche d'ozone qui protège la surface de la Terre du rayonnement ultraviolet. Les cellules consommatrices d'oxygène, ou cellules aérobies, se sont progressivement multipliées, alors que les microorganismes anaérobies qui avaient prospéré en l'absence d'oxygène ont entamé leur déclin.

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Située au cœur du parc national Olympic dans l'État de Washington, la forêt humide de Hoh est l'une des dernières forêts tempérées humides d'Amérique du Nord et offre un spectacle sans pareil. Des formes de vies diverses et variées prolifèrent sous son lit de conifères, de mousses et de fougères.

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Chaque année au mois d'octobre en Sibérie, les cygnes chanteurs ( Cygnus cygnus ) fendent le ciel pour échapper aux températures extrêmes pouvant descendre jusqu'à -45 °C. Après un voyage de 3 800 kilomètres et un vol de 18 heures sans interruption, les oiseaux s'installent à Hokkaido, l'île la plus septentrionale du Japon, pour profiter d'un climat plus tempéré.

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Hardy Reef est l'un des milliers de récifs qui forment la Grande Barrière de corail australienne, la plus grande structure terrestre bâtie par des organismes vivants. Le récif abrite une vaste population d'éponges, des organismes apparus dans les océans il y a plus de 600 millions d'années. Cet écosystème fragile est aujourd'hui menacé par l'activité humaine.

Certains de ces microorganismes ont uni leurs forces pour donner naissance à des cellules plus complexes, disposant d'une membrane protectrice et d'un noyau interne : les cellules eucaryotes, pierre angulaire de toute vie végétale ou animale.

Pendant plus d'un milliard d'années, les organismes unicellulaires étaient la seule forme de vie sur Terre. Quant aux cellules multicellulaires, possédant différents types de cellules pour différentes fonctions, elles se sont répandues uniquement à partir de l'explosion cambrienne, il y a 540 millions d'années environ. L'augmentation des niveaux d'oxygène et d'autres changements environnementaux ont déclenché une incroyable prolifération et diversification des formes de vie.

De nouvelles espèces ont évolué dans les écosystèmes terrestres et marins, une toile interdépendante du vivant qui subsiste depuis des millénaires, un équilibre vulnérable de plus en plus menacé par l'activité humaine.

Le dernier ancêtre commun universel, surnommé LUCA pour son acronyme en anglais (Last Universal Common Ancestor), désigne l'organisme hypothétique dont sont issus tous les êtres vivants. Nous ne savons toujours pas où et quand LUCA aurait vécu, mais d'après certains scientifiques, il aurait pu être une bactérie unicellulaire vivant sur le plancher océanique il y a quatre milliards d'années, dans des cheminées hydrothermales riches en soufre.

La vie a fini par évoluer vers des formes plus complexes, notamment lorsque les organismes eucaryotes ont commencé à échanger du matériel génétique via leur reproduction sexuelle. Il y a environ 500 millions d'années, les plantes et les champignons ont quitté la mer pour coloniser la terre. L'apparition des arthropodes, ancêtre des insectes, des arachnides et des crustacés modernes, a marqué l'avènement d'innombrables formes de vie à l'origine d'un réseau tentaculaire d'interactions biologiques, physiques et chimiques.

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On estime à 50 millions le nombre de bisons qui arpentaient autrefois les États-Unis, mais suite à leur abattage massif visant à affamer les peuples autochtones, il n'en restait que 600 en 1875. Aujourd'hui, les efforts de conservation ont permis de rétablir la population du parc national de Yellowstone dans le Wyoming à 5 000 individus.

Lors de l'explosion du Cambrien, l'émergence des vertébrés a ouvert la voie à une nouvelle vague de diversification qui a conduit à l'évolution des premiers homininés, il y a six millions d'années, puis à celle de notre propre espèce, Homo sapiens , il y a plus de 230 000 ans. De tous les facteurs ayant occasionné un changement, aucun n'a transformé la Terre comme nous avons pu le faire. L'Homme est devenu la force érosive la plus dévastatrice au monde et en 2020, le poids de l'ensemble des matériaux d'origine humaine a dépassé la biomasse totale de la planète.

Même si nous sommes suffisamment intelligents pour apprécier l'extraordinaire histoire de la vie sur Terre, il nous tarde encore de mesurer l'étendue des responsabilités qui accompagnent cette prise de conscience et de trouver comment protéger la biosphère terrestre de notre irréfrénable ambition.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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Insectes : leur folle diversité enfin mise en ordre

Insectes : leur folle diversité enfin mise en ordre

600 familles, 29 ordres, plus d'un million d'espèces ! Il aura fallu une centaine de biologistes et de généticiens pour venir à bout de ce casse-tête et doter en fin les insectes d'un arbre généalogique précis qui remonte à la conquête de la terre ferme, il y a 479 millions d'années.

Repères Avec 1 million d’espèces con nues, les insectes constituent le groupe animal le plus abondant sur la planète – loin devant les poissons (30 000 espèces), les oiseaux (10 000 espèces) et les mammifères (5 400 espèces). Ce groupe très diversifié est caractérisé par 6 pattes (ce sont des hexapodes) et un corps en 3 parties : tête, thorax, abdomen. Araignées, vers ou mille-pattes n’en font donc pas partie.

On leur prête peu attention, sauf pour les écraser sous le talon… A tort, car aucun autre groupe animal ne mérite plus notre respect – à tout le moins notre intérêt. Les insectes, puisqu’il s’agit d’eux, ce sont 80 % des animaux connus ; plus d’un million d’espèces recensées, organisées en 600 familles et 29 ordres. Ils ont colonisé tous les climats, tous les milieux, et ont été les premiers à le faire. Ce que nous écrasons négligemment appartient donc au seul groupe qui a traversé l’histoire de la vie sur la terre ferme depuis ses débuts il y a 500 millions d’années. Depuis le s. et le premier classement du naturaliste Carl von Linné, les chercheurs essaient de comprendre leur organisation. Par esprit de synthèse, mais aussi parce que cela éclairerait l’évolution de tout le vivant tant blattes ou abeilles ont façonné les écosystèmes.

Voici le grand arbre généalogique des insectes enfin mis en ordre Analyses génétiques d’espèces contemporaines et de fossiles d’espèces disparues ont permis de dessiner un arbre de l’immense classe des insectes. A l’extérieur du cercle, sont notés les 29 ordres d’insectes (en noir) et leurs plus proches parents (en blanc), puis, à l’intérieur, les 146 genres les plus importants. Les branches de l’arbre et leurs nœuds montrent les relations entre ces groupes en remontant le fil de l’évolution jusqu’au centre, où se trouve l’ancêtre commun à tous ces arthropodes.

Sauf que dessiner cet arbre est un casse-tête : bien des familles ont vu leurs liens changer au fil des découvertes, quand elles ne restent pas « flottantes ». D’où l’importance du nouvel arbre qui vient d’être publié. Réalisé par une centaine de chercheurs coordonnés par Bernhard Misof, du Centre de recherche sur la biodiversité moléculaire du Muséum Alexandre-Koenig de Bonn (Allemagne), ce travail pluridisciplinaire est d’une ampleur inégalée. Surtout, comme le souligne André Nel, paléo entomologiste au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, il donne un nouveau point zéro sur la phylogénie et la reconstruction de l’histoire évolutive des insectes . Et leur interminable généalogie est enfin dotée d’une ossature solide, avec des datations et des liens de parenté précis.

TROIS INVENTIONS MIEUX DATÉES

Les recoupements moléculaires permettent d’estimer l’apparition des hexapodes, et donc des premiers ancêtres des insectes, à 479 millions d’années (Ordo-vicien), alors que se formaient à peine les premiers écosystèmes terrestres. Les insectes eux-mêmes ont émergé il y a 440 millions d’années. Et leur succès ne s’est jamais démenti. Car quand on parle de 6 extinctions massives des animaux, eux n’en ont con nu que… 3 moyennes ! Un tour de force qui repose sur trois inventions, désormais mieux datées. Le vol d’abord, que les aïeux des libellules sont les premiers à maîtriser il y a 406 millions d’années (Dévonien), alors que les écosystèmes commencent à se développer. La métamorphose ensuite, qui, à l’instar de l’asticot devenant mouche, bouleverse la morphologie de l’animal à maturité. Elle serait primitivement apparue il y a 345 millions d’années (Carbonifère) chez les holométaboles, pour vraiment se répandre au Crétacé. Enfin, dernier coup de génie : la pollinisation et la coévolution avec les plantes à fleurs qui vont accompagner l’explosion des hyménoptères (abeilles), diptères (mouches) et lépidoptères (papillons) au Crétacé. Le nouveau tracé du parcours évolutif des insectes permet aussi de mieux cerner leurs ancêtres communs. Ephémères et libellules auraient ainsi eu un même parent il y a 360 millions d’années. Quant aux poux et autres parasites, la polémique est relancée : ils ne seraient pas nés il y a 150 millions d’années, mais 50 millions. Les chercheurs ne comptent pas s’arrêter là. Avec encore plusieurs millions d’espèces à découvrir, ce nouvel arbre sera un outil incontournable. Voici 6 grands vainqueurs du grand combat de l’évolution.

Une immense étude pluridisciplinaire C’est un travail d’une ampleur peu commune : une centaine de biologistes moléculaires, bio-informaticiens, statisticiens, généticiens et paléontologues ont travaillé à la réalisation de cet arbre. 37 fossiles, complets uniquement, ont été étudiés. L’ADN de 103 espèces appartenant à tous les groupes connus a été analysé, et 1 478 gènes communs ont été traqués dans les génomes de 12 espèces de référence représentant les familles les plus importantes : l’accumulation des différences d’une lignée à l’autre permettant d’évaluer leur lien de parenté. Les fossiles donnent un ancrage et une datation physiques. L’arbre est le fruit de ces deux types de données.
Ses ancêtres ont inventé le vol Les mouches et les 150 000 espèces de diptères (moustiques… ) ont développé une paire d’ailes repliables dans le dos. Apparues bien avant elles, les libellules et les 8 000 autres espèces de paléoptères (éphémères… ) se distinguent pour leur part par deux paires d’ailes rigides et non coordonnées – d’où leur vol si particulier. Mais c’est leur ancêtre commun qui, il y a plus de 400 millions d’années, s’est, le premier, inventé des ailes en modifiant sa carapace. Une prouesse évolutive décisive pour coloniser de nouveaux espaces et s’affranchir des prédateurs restés, eux, au sol.
Il triomphe par le parasitisme Le pou est bien connu des enfants et des parents. Le morpion jouit aussi d’une grande notoriété. Mais de nombreux autres insectes ont développé cette stratégie visant à s’installer à demeure chez un hôte pour s’en nourrir. On dénombre ainsi 90 000 espèces de parasitoïdes chez les insectes – dont 70 000 chez les hyménoptères (surtout des guêpes), qui exploitent leur hôte jusqu’à ce que mort s’en suive. Une stratégie qui leur a ouvert là encore de nouveaux « territoires », entraînant des innovations uniques en termes de développement et de mode de reproduction.
Sa famille bat des records de diversité Scarabée, coccinelle, hanneton… les coléoptères regroupent à eux seuls 500 000 espèces ! Cet ordre apparu il y a 300 millions d’années est le plus vaste parmi les insectes, qui forment la classe la plus vaste du vivant. Comment expliquer cette diversité ? Par leur stabilité. Car le taux de diversification des insectes n’est pas beaucoup plus important que celui des autres espèces. Mais là où celles-ci se multiplient et disparaissent, eux créent de nouvelles espèces qui durent ! Des groupes apparus il y a plus de 200 mil lions d’années sont toujours là : petits, avec une descendance nombreuse, adaptés à tous les milieux, ils ont traversé à moindres frais les grandes extinctions…
Elle est la reine de la pollinisation L’abeille est capable de porter jus qu’à 500 000 grains de pollen et 70 % des plantes à fleurs dépendent aujourd’hui d’elle pour leur pollinisation. Il y a 250 millions d’années, des gymnospermes, comme le sapin, bénéficiaient déjà des services des coléoptères. Mais dès leur apparition, il y a 140 millions d’années, les plantes à fleurs ont trouvé dans les hyménoptères (abeilles… ) le partenaire idéal. Et leur relation est si serrée qu’elle est devenue une coévolution. Les innovations morphologiques étant parfois si spécifiques que les deux partenaires ne peuvent plus se passer l’un de l’autre…
Il est le champion de la métamorphose La métamorphose de la chenille en papillon est la plus spectaculaire. Mais tous les insectes appartenant au superordre des holométaboles (des coléoptères aux diptères, soit 900 000 espèces tout de même) ont poussé à l’extrême cette capacité à se transformer entièrement en passant de larve à adulte. Un art vieux de plus de 345 millions d’années. Pourquoi un tel succès, malgré la vulnérabilité qu’elle entraîne lorsque la nymphe s’enferme dans son cocon ? Parce que face à des ressources limitées, elle permet d’utiliser deux milieux différents selon le stade de développement. Et d’éviter ainsi de se retrouver en compétition.
L’art parfait du camouflage Parmi les phasmes et les 3 000 espèces de cet ordre apparu il y a 130 millions d’années, certains ressemblent à des feuilles, d’autres à des brindilles. Une stratégie de camouflage que de nombreux autres insectes (mante, punaise, sauterelle, papillon… ) ont déployée, tant les adultes que leurs larves. La diversité des milieux colonisés a ainsi entraîné une palette inépuisable de formes et de couleurs, voire une tendance à la transparence ou aux déplacements spécifiques. Certains imitant même des prédateurs con nus, afin d’éviter leurs propres prédateurs ou de tromper leurs proies.

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Les insectes archéologiques témoignent du passé des humains

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Doctorant en archéoentomologie, Université de Tours

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Jérémy Rollin does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

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Ils sont partout ! Dans la maison, le jardin ou encore la forêt, les insectes ont conquis l’ensemble des niches écologiques. Donc rien de surprenant si vous en voyez tous les jours. Si vous regardez attentivement, vous verrez que ce ne sont pas les mêmes en fonction des endroits. Bien qu’ils soient présents dans tous les milieux, beaucoup d’insectes ont des exigences strictes vis-à-vis de leurs conditions de vie. Ces dernières peuvent reposer sur des équilibres physico-chimiques (température, humidité, etc.), sur la disponibilité d’une ressource alimentaire, ou encore sur le degré de lumière d’un milieu (forêt, prairie, etc.).

Leur présence est donc conditionnée par de nombreux facteurs environnementaux. En conséquence, les insectes réagissent aux perturbations de leur environnement, qu’elles soient dues aux pratiques humaines ou à des phénomènes naturels – les insectes sont ainsi des « bio-indicateurs de milieu ».

Mais si les insectes nous aident à étudier notre environnement actuel, ils peuvent aussi permettre de comprendre celui de nos ancêtres et les relations que ceux-ci ont entretenu avec leur environnement naturel ou modifié par leurs actions.

Des vestiges d’insectes archéologiques

L’archéoentomologie est la discipline qui étudie les vestiges d’insectes issus des sites archéologiques. N’ayant pas subi d’évolution depuis les cent derniers millénaires, les insectes archéologiques sont donc comparables aux insectes actuels. C’est en s’appuyant sur cette observation que les scientifiques sont capables de les identifier. Cela est possible grâce à leur exosquelette, c’est-à-dire leur carapace, notamment celle des coléoptères (scarabées, coccinelles…), plus résistante, pouvant se conserver sur de longues périodes sans pour autant être fossilisée. À l’image des ossements issus de fouilles archéologiques, les insectes seront conservés dans leur état actuel, mais sous forme de fragments plus ou moins dégradés nommés « sclérites ».

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Leur état de conservation varie selon le milieu d’enfouissement. Il peut s’agir de milieux secs et confinés comme des tombes, ou de structures carbonisées comme les greniers et silos, mais ce sont les environnements humides qui sont les plus propices à leur bonne conservation (puits, douves, tourbières, etc.).

Pour extraire les restes d’insectes d’une couche archéologique , le sédiment prélevé sur le terrain est désagrégé délicatement dans une bassine sous un jet d’eau, puis tamisé. Les restes organiques sont ensuite imbibés de pétrole désaromatisé – auquel l’exosquelette des insectes adhère, contrairement aux débris végétaux : cette étape permet d’isoler les restes d’insectes.

Une fois les restes d’insectes extraits et triés, on commence par les identifier aux espèces, genres ou familles pour chaque échantillon correspondant chacun à une datation précise. Puis, puis on interprète le rôle écologique de chacun de ces insectes dans ce milieu.

Ainsi, il est possible d’obtenir des informations sur les sociétés passées, les conditions environnementales de l’époque, ou encore sur la façon dont les activités humaines ont modelé les environnements. Mais il est aussi possible d’aborder des questions écologiques sur les premiers insectes invasifs ou les premiers impacts des humains sur la biodiversité.

Les insectes témoins des paléoclimats et des paléoenvironnements

En France, il existe plus de 11 000 espèces de coléoptères adaptées à une diversité d’habitats . Les conditions climatiques contrôlent la répartition géographique de nombreux coléoptères, notamment les prédateurs appelés « carabes » – la présence d’une espèce ou d’une autre dans le sédiment archéologique donne donc des indications sur le climat qui régnait au moment du dépôt.

Outre le climat, les insectes peuvent apporter de nombreuses informations sur l’environnement et son évolution sous l’influence des pratiques humaines.

À ce titre, les phytophages (végétariens) et xylophages (mangeurs de bois) ont une place de choix. Certaines espèces ne se développent que dans les milieux forestiers, à l’inverse d’autres qui préfèrent les milieux ouverts comme les prairies. Elles permettront ainsi d’obtenir une image du milieu, ainsi que de son couvert végétal, car les phytophages dépendent de la présence de leur plante hôte.

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Parmi ces insectes spécialisés, la famille des chrysomèles illustre parfaitement cette monophagie. En effet, il existe de très nombreuses espèces, chacune adaptée à une plante ou famille de plante : chrysomèle du bouleau, de l’aulne, de la menthe ou encore altise du chou… Leur présence sur un site archéologique signifie que la plante nourricière était présente, bien que celle-ci ne soit pas conservée dans la majorité des cas.

Les bousiers témoignent du début de l’amendement du sol à l’âge de Fer

Les plantes nitrophiles sont celles qui aiment les sols riches en nitrate et en déchets organiques. Ces végétaux, dont le plus célèbre est sans doute la grande ortie, sont souvent typiques de milieux exploités par les humains, avec des animaux en contexte pastoral par exemple.

Entomologiquement, cela se traduit par la présence de ces phytophages spécialisés, mais aussi par la présence des coprophages, les fameux bousiers. Ces insectes se nourrissent des excréments des autres animaux et jouent donc un rôle indispensable, car ils recyclent la matière organique en engrais naturel et évitent par la même occasion la propagation de maladies dans l’environnement naturel et les élevages. Bien que le plus connu soit le scarabée sacré des Égyptiens, il existe en France environ 250 espèces de bousiers avec des mœurs variées. Ces espèces peuvent permettre d’attester la présence d’ élevages en milieu forestier ou en prairie ainsi que des phénomènes historiques importants comme les débuts des pratiques d’amendement du sol par la fumure à l’âge de Fer.

De plus, certaines espèces apprécient une large gamme d’excréments alors que d’autres sont plus strictes. Leurs exigences nous apportent des informations sur les animaux qui pâturaient, même si aucun reste osseux n’est présent.

Si les bousiers et autres décomposeurs sont bénéfiques dans les élevages, d’autres insectes sont plus problématiques pour le milieu agricole. Encore aujourd’hui, nous luttons contre les ravageurs qui provoquent des dégâts à nos cultures et nos stocks . L’histoire de ces insectes est étroitement liée aux humains et au début de l’agriculture où ces espèces sont passées du milieu naturel à un milieu anthropisé où l’abondance des ressources alimentaires (monoculture, stocks, etc.) a favorisé leurs pullulations. Pour la recherche archéologique, ces ravageurs peuvent apporter des informations sur la qualité sanitaire des denrées alimentaires ainsi que sur les pratiques répulsives . À ce titre, l’agronome romain Columelle propose des conseils sur la hauteur des tas de grain à conserver dans les greniers, parle des mesures à prendre en cas de présence de charançons dans le blé et des pertes dues aux insectes qui pouvaient dépasser 10 % des récoltes de céréales (Columelle, Res rusticae chapitre 6).

Le charançon du blé témoin des migrations humaines et des routes commerciales

Le charançon du blé ( Sitophilus granarius ) est connu depuis l’Antiquité pour causer des dégâts importants dans les stocks de céréales. Il s’agit d’une espèce qui pond et réalise son développement larvaire dans les réserves de grains entreposés (blé, seigle, orge, etc.) et qui n’a donc pas besoin de la plante vivante pour se nourrir. Cet insecte a la particularité d’être aptère, c’est-à-dire dépourvu d’ailes, ce qui le rend dépendant des migrations humaines pour ses déplacements. En accompagnant les transferts de céréales, son handicap lui donne donc le statut privilégié de témoin des transports de grains à longue distance et de leur intensification au cours de l’Histoire.

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Originaire d’Asie Mineure, il est possible de voir sa progression au Proche-Orient du Néolithique (7 000 av. J.-C.) à la Protohistoire (2500 av. J.-C.) . On observe ensuite une invasion très intense de cet insecte à l’époque romaine, à partir du moment où l’urbanisation gallo-romaine devient massive (Ier siècle ap J.-C), pour enfin arriver en Amérique à l’époque moderne (XVIII e  siècle).

Des insectes témoins de l’impact des humains sur la biodiversité

Déforestation pour l’agriculture et l’élevage, amendement des sols ou encore urbanisation : en modifiant localement les écosystèmes naturels, ces pratiques ont eu un impact sur la biodiversité entomologique en favorisant certaines espèces au détriment d’autres. En comparant les mêmes sites à différentes époques, il est possible de voir comment certains insectes ont pu s’adapter aux environnements anthropisés, puis former les premières communautés d’insectes sinanthropes (animaux sauvages vivants proches des humains : mouches, blattes, mites, etc.) ; tandis que d’autres ont dû s’éloigner ou disparaître localement suite à la destruction de leur habitat ( pique-prune ).

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Dans le même ordre d’idée, la croissance des échanges de marchandises, de denrées alimentaires étrangères ou encore de nouveaux animaux à partir de l’âge du Fer aurait pu permettre l’introduction d’insectes et de parasites invasifs dans un nouveau milieu. Ce scénario suivrait la piste de l’ arrivée du rat noir en France au I er  siècle apr. J.-C. ou encore des adventices (mauvaises herbes) comme la nielle des blés et le myagre qui aurait suivi les transports humains à l’âge du Fer.

Au moment où nous commençons à comprendre les mécanismes des invasions biologiques et leurs impacts sur l’environnement, serait-il imaginable que les pratiques du passé aient dû s’adapter à des insectes non identifiés pour le moment ? Seule l’analyse des insectes provenant de nombreux autres sites permettra de mieux appréhender l’évolution des interactions entre les humains et leur environnement tout au long de l’Histoire.

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Provost and Senior Vice-President, The Australian National University

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0113942 Associate Lecturer/Lecturer in Psychology (Identified) and Lecturer/Senior Lecturer in Indigenous Health (Identified)

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